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Dissuasion nucléaire

La dissuasion repose sur un raisonnement politique et non militaire : l'arme n'est pas faite pour être employée, mais pour rendre inacceptable le coût d'une agression. Sa crédibilité suppose à la fois la capacité technique de riposter et la conviction, chez l'adversaire, que la riposte aurait lieu.

Doctrines

La destruction mutuelle assurée, formulée pendant la guerre froide, suppose que chaque camp conserve après une première frappe de quoi anéantir l'autre, ce qui retire tout intérêt à attaquer. La France a développé une doctrine distincte, dite du faible au fort, selon laquelle une puissance moyenne peut dissuader une puissance supérieure en menaçant de lui infliger des dommages hors de proportion avec l'enjeu du conflit. La dissuasion dite élargie désigne la protection que le parapluie d'un État étend à ses alliés.

États détenteurs

Cinq États sont reconnus comme dotés par le traité sur la non-prolifération : les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France et la Chine, qui sont aussi les membres permanents du Conseil de sécurité. L'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord disposent de l'arme hors de ce cadre ; Israël ne confirme ni ne dément. L'Afrique du Sud demeure le seul pays à avoir démantelé volontairement un arsenal constitué.

Traités

Le traité sur la non-prolifération, entré en vigueur en 1970, articule trois volets : non-prolifération, désarmement et usage civil de l'atome. Le traité d'interdiction complète des essais nucléaires, ouvert à la signature en 1996, n'est toujours pas entré en vigueur faute de ratifications. Le traité sur l'interdiction des armes nucléaires, entré en vigueur en 2021, n'est signé par aucun État détenteur. Les accords bilatéraux de limitation entre Washington et Moscou, qui encadraient les arsenaux stratégiques, se sont pour l'essentiel délités au cours des dernières années.